Parcours d’artiste


Didier Meïr LONG nait jumeau de mère Corse en 1965

ENFANCE

Sa grand-mère corse, veuve de guerre, aura une grande influence sur son parcours spirituel.

Didier rencontre l’art des années 30 à Bastia dans le petit appartement de sa grand-mère sur les toits au dessus de la synagogue.

En particulier les tableaux de Nielsen, ami de son Grand-père militaire colonial à Tahiti en 1933, qui mourra de la fièvre jaune à Bamako en 1942.

Nielsen, Tahitienne, 1933.

Tahiti, Pierre sacrée, 1933

Cette culture picturale va influencer sa mère qui l’amène à Vallauris voir les oeuvres de Picasso et au Musée Matisse à Nice, donne à ses enfants des cours de peinture au musée, et entoure sa famille d’œuvres d’art et de l’esprit.

ANNEES MICHELIN

Didier fait les 400 coups et entre chez Michelin à « la Mission » à Clermont Ferrand en 1980 à l’âge de 15 ans.

Il devient chrétien à l’âge de 16 ans et disciple d’Yves Cattin, ancien moine, agrégé de philosophie la faculté de Clermont Ferrand et spécialiste d’Anselme de Canterbury… qui élève des chèvres au pied du Mont Sancy.

Cette rencontre le fait changer de chemin, après avoir hésité entre ouvrier et voyou Didier devient moine à l’âge de 20 ans.

VIE MONASTIQUE

Didier Long est moine bénédictin de 1985 à 1995 à l’abbaye de la Pierre-Qui-Vire (Yonne) sous le nom de frère marc.

Il est alors responsable de la formation permanente de la communauté.

Zodiaque

Didier devient éditeur de livres d’art roman (Editions Zodiaque fondées par Dom Angelico Surchamps) et artiste d’art sacré.

Angelico Surchamps qui a fondé Zodiaque en 1951 à l’Abbaye est disciple d’Albert Gleizes théoricien du cubisme dont il a fréquenté l’atelier. Il va ‘inventer l’art roman’ retrouvant le primitivisme des fondateurs de l’art moderne dans l’art roman.

Louis Aragon le décrit ainsi :

« Qu’est-ce que c’est que cet oiseau-là ? » Cet oiseau-là avait l’aspect vénérable d’un moine, et je ne m’associai pas à l’irrévérence du critique. Je venais de reconnaître Dom Angelico Surchamp, de l’atelier monastique du Cœur-Meurtry, qui édite, sous le titre Zodiaque, des cahiers rédigés par des peintres et des religieux […]. Dom Angelico Surchamp n’avait qu’un petit mot à dire. Il le dit : « Ne croyez-vous pas, messieurs, que l’art abstrait, en transférant le sens de la réalité, favorise l’accès au sacré ? » Et sans doute que notre réponse lui importait fort peu, car il disparut comme il était venu. »

Propos recueillis par Béatrice La Rochefoucauld et Philippe Markiewicz , Arts Sacrés, n° 2, Page : 34-43

Eve, cathédrale d’autun, Gilbertius, 12ème siècle

La Revue Zodiaque devient un manifeste de l’Art moderne. Elle accueille des artistes comme : Bazaine, Esteve, Gischia, Lapicque, Marchand, Schneider, Singie, …

Editions Zodiaque

frère marc 1992

Avec l’Atelier du coeur Meurtri, Dom Angelico, peintre et fresquiste, produit les artistes du monastère comme frère Yves condamné par Rome en 1954 pour son missel trop moderne,

Art sacré

  • Frère marc est alors ‘directeur artistique’ du chantier de l’abbaye et en mène le chantier avec l’architecte Belge Jean Cosse.
  • A ce titre il conçoit le Tympan de la Création présenté à la biennale de Venise en 1992 (Architettura e spazio sacro nella modernita) : https://didierlong.com/2011/06/14/tympan-de-la-creation-abbaye-de-la-pierre-qui-vire/.
  • Une maguen david avec un vide au centre, sort de « pierre rejetée par les batisseurs » (psaume 114) supportée par l’air, leau, la terre et le feu.

Tympan de la création, Narthex de l’église, frère marc

Jean Cosse et Didier Long cherchent alors une sorte de loi de l’univers qui transcenderait toutes les contingences. Ils la trouvent dans les suites de fibonacci et le nombre d’or qui structurerait le vivant.

Tympan de la création, Narthex de l’église, tracé régulateur, frère marc

Après 5 ans d’art sacré, constatant l’idolâtrie de sa démarche, frère marc décide de créer des oeuvres qui ne soient pas adorables.

Bidons animés avez-vous une âme ?

Frère marc trouve dans les bidons qui arrivent et repartent de la clôture monastique une forme idéale pour décrire l’intériorité. Comme des peaux habitées.

Il se lance alors se lance dans la fabrication de ‘bidons animés’ exposés à partir de 1992 grâce à la rencontre avec Almine Reich et Cyrille Putman.

Jacques Putman le père de Cyrille était collectionneur d’art. Il est l’ami de Samuel Becket et de Bram Van de Velde dont il devient le mécène et qu’il va faire découvrir au grand public. Il a lancé le concept de l’estampe originale à coût très mesuré, produite dès la première édition par des artistes de renom : Pierre Alechinsky, Wifredo Lam, Matta, Jean Messagier, Reinhoud, Bram van Velde, et commercialisée dans les grands magasins Prisunic.

Andrée Putman sa mère n’est plus à présenter.

Cyrille Putman qui a vécu dans cette ambiance de création a découvert Fabrice Hyber, Huan Yong Ping (Lions d’or à la biennale de Venise), ils exposent avec Almine Reich son épouse : Reich James Turell, John McCracken…

Après avoir visité frère marc et ses bidons Cyrill eet Almine, emballés décident de faire de frère Marc un artiste de la galerie la plus avant gardiste de son époque.

Voir ici le témoignage de Cyrille Putman : https://didierlongpeinture.fr/temoignages-sur-didier-long/

La galerie Froment et Putman va publier le travail de frère marc à partir de 1993, et Cyrille aidera Didier à s’engager sur le chemin de l’écriture à partir de 2005.

Cyrille Putman, courtesy La Gazette Drout

Didier Meïr Long, Fabrice Hyber

  • Cyrille Putman décrit son parcours dans : Premières pressions à froid – pur produit punk, Laffont 2005

Les « bisons animés » sont une réflexion sur la vanité idolâtrique, la clôture et l’intériorité. Entre Géo Trouvetout et Marcel Duchamps !

Galerie Froment et Putman 1994, frère marc

Galerie Froment et Putman 1994, frère marc

L’exposition en 1994 : https://artcan.net/1994s-fromentputman-exhibition/

Coming Out

  • En 1995, sur un coup de foudre pour une journaliste, frère marc quitte la vie monastique et devient directeur de production pour les premiers CD Rom culturels pour le groupe Télérama La vie.
  • Il devient compagnon de route d’Andrée et Cyrille Putman qui ne le lachent pas, et expose à nouveau ses bidons à la Galerie Enrico Navarra en 2015 lors de la sortie de Premières pressions à froid de Cyrille Putman.
  • Sont exposés l’Idole Païenne, le Walkman géant et une autre installation dénonçant les manipulations génétiques.

Cyrille devant Idole Païenne, Source

Andrée Putman et le fils de Didier Meïr LONG, avec son fameux collier, juillet 1999

  • Didier continue ses bidons jusqu’en 2015 soutenu par des amateurs d’art.

Mickey Mouse, Courtesy GD 2016

Bidon Vuitton, 2010

Veau d’or,  Courtesy Haïm Korsia, 2019

CARRIERE DIGITALE

  • En 1997-1999 Didier conçoit le premier Fnac.com en réponse à l’arrivée d’Amazon en France en 1999 puis 01Net comme directeur de projet au sein de l’agence Nurun (rachetée par Québecor en 2000 puis Publicis)
  • En 2000 il est embauché par McKinsey comme consultant en stratégie expert Internet.
  • En 2002, avec d’autres Mckinsey, il fonde Euclyd, cabinet de conseil en stratégie digitale qu’il dirige et qui sera revendu à Kea et Partners en 2017, devenant Kea-Euclyd dont il devient directeur associé en 2019.

ECRIVAIN

  • C’est encore sur le conseil de « découvreur de talents » Cyrille Putman que Didier Long devient écrivain
  • En janvier 2015 Didier Long écrit Défense à Dieu d’entrer publié chez Denoël par Héloïse d’Ormesson et Olivier Rubinstein.
  • Le livre est couronné du Prix des Maisons de la Presse et du Prix esprit Bacchus de la ville de Saumur remis par Jean-Paul Brialy et Edmonde Charles Roux.
  • A l’automne Olivier Rubinstein, autre grand découvreur de talents a publié  » Suite française » d’Irène Némirowski qui reçoit le prix Renaudot à titre postume.
  • Denise Epstein, la fille d’Irène Némirowski commence à révéler à Didier Long qu’il est « certainement juif », mais Didier est amnésique de ce passé transgénérationnel.

Olivier Rubinstein par Didier Meïr Long, 2022

Didier écrit ensuite quatorze livres parmi lesquels :

  • Jésus, le rabbin qui aimait les femmes, éditions François Bourin, 2008
  • Jésus de Nazareth, juif de Galilée, éd. Plon – Presses de la Renaissance, 2011
  • L’invention du christianisme, et Jésus devint Dieu, éd. Plon/Presses de la Renaissance, 2012
  • Tu sanctifieras le jour du repos, avec Gérard Haddad, éd. Salvator, 2012
  • Jésus, l’homme qui aimait les femmes, Nouvelles éditions François Bourin, 2014
  • Des Noces éternelles un moine à la synagogue, Lemieux Editeur, 2016
  • Mémoires juives de Corse, Lemieux Editeur, 2016
  • Commentaire psychologique de la Torah selon l’enseignement du Grand Rabbin Haim Harboun, Genèse, 2022.

Voir : https://didierlong.com/livres-de-didier-long/

JUIF

  • Sa rencontre avec le Rabbin Haïm Harboun en 2010 le ramène à ses origines de marrane séfarade de Corse.
  • Il va raconter ces origines dans « Mémoires juives de Corse » qui relancent le judaïsme dans l’ile.( www.memoriaebraica.com )
  • Haïm Harboun est né le 1932 dans le Mellah de Marrakech.
  • Didier se convertit au Consistoire en 2016 (brit mila) sous l’impulsion du Grand Rabbin Haïm Harboun et avec l’appui du Grand Rabbin de France Haïm Korsia qu’il connait depuis 2010 alors qu’un ami artiste de Reims Olivier Liégent les a présentés.

Didier LONG, Grand Rabbin Haïm Harboun, 2021

  • De ce parcours naissent des livres :
    • Des noces éternelles : un moine à la synagogue, récit, Lemieux éditeur, 2015.
    • Mémoires juives de Corse, Lemieux éditeur, 2016.
    • Commentaire psychologique de la Bible selon l’enseignement du rabbin Haïm Harboun , Genèse (5 tomes), 2022.
  • Blog : http://didierlong.com

BACK TO PAINTING

L’année 2020 commence par une catastrophe. Didier Meïr LONG doit quitter sa maison, sa famille éclate, il se retrouve seule autorité parentale chargé de sa fille par la justice.

Alors qu’il réside dans le Marais, les œuvres de Sonia Delaunay née Sarah Stern, au shtetl exposée à Beaubourg le sauvent du désespoir.

Attiré par le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, il découvre juste à côté, la galerie Saphir et son inépuisable fondatrice et animatrice Francine Szapiro qui expose aussi bien les peintres de l’Ecole de Paris, arrivés d’Europe de l’est à Montparnasse au début du XXème siècle : Marc Chagall, Sonia Delaunay, Michel Kikoïne…mais aussi des artistes contemporains : Samy Briss, Serge Kantorowicz, Hubert Haddad, Michel Kirch…

Il tombe sur une gouache de Sonia Delaunay en vitrine et l’achète.

Celle-ci va illuminer sa solitude comme un feu.

Bien sûr Didier devenu Meïr se met alors en quête de comprendre les artistes juifs de l’école de Paris et particulièrement Sonia Delaunay :

Il part sur les pas de Chaïm Soutine à Ceret avec son frère Olivier.

Voir : https://didierlong.com/2020/02/12/sonia-delaunay-une-amnesie-juive/

Mark Rothko, Beaubourg, N° 14 (Browns over Dark), 1963

N° 14 constitue un jalon important dans l’œuvre de Mark Rothko au milieu des années 1960. Alors que dominaient jusqu’alors des couleurs vives, il assombrit sa palette jusqu’aux bruns et aux noirs. Les aplats légers et flottants cèdent la place à des masses plus compactes dans des peintures empreintes désormais de gravité, que le critique Michel Ragon qualifie de  » tables de méditation « . L’historien d’art Dominique Ponnau définissait Rothko comme « le peintre du voile du Temple (parokhet)» tendu au seuil du Saint des Saints.

Barnett Newman, Beaubourg, Jéricho, 1968 – 1969

Le Onement de Newman, intraduisible en français (« Unitude»), se comprend parfaitement en hébreu : e’had signifie UN qui est l’un des noms du Dieu créateur. Le Zip (obtenu par l’arrachage d’un scotch qui révèle la sous couche rouge) est la signature de Newman, devenu sa signature, qui arrache à la nuit le feu rouge du Sinaï, est un mémorial de l’acte de création.

Tous ces artistes sortis de Schtetels ou des Yeshivot des US sont une mémoire juive enfouie de l’art.

Didier découvre aussi à la galerie SAPHIR au pied du MAHJ des artistes oubliés de la Yiddishkeit, comme les portraits de Zygmund Schreter, né à Łódź (Empire russe) en 1896 et mort à Paris en 1977, un peintre d’origine polonaise, qu’il collectionne.

Zygmund Schreter, Arturo, le modèle nu de la Grande Chaumière, Madame Mock sa galeriste et sa soeur Léa

En « stress post trauma » début 2021, immobilisé chez lui, incapable de lire ou de regarder une série sans oublier le nom des personnages, confiné, avec une seule paillasse pour lit dans son appartement vide avec sa fille ado, accablé par sa vie qui lui semble « descendre vers la tombe », Meïr retrouve le gout des choses en peignant son psychanalyste Gérard Haddad, puis son épouse Antonietta quand elle meurt.

Peindre les âmes et les disparus, cette mitsvah la plus haute, lui apparait alors comme une forme d’amour du prochain. Meïr peint ses amis et tous ceux qui viennent à lui en rêve dans sa psychanalyse lui disant que la vie vaut la peine d’être vécue quoi qu’il arrive.

L’expressionnisme de Schreter le conduit à détacher les surfaces par facettes de lumière.

Les contrastes simultanés de Sonia Delaunay lui semblent une bonne voie pour traduire les décrochages de lumière sur les surfaces.

Surtout, la couleur et ses contrastes simultanés permet à la suite des travaux de Johannes Itten au Bauhaus de Weimar de transmettre les traits de caractère d’une personne. Itten était mystique, zoroastrien. Dans son Art de la Couleur il explique :

« Pour émettre un jugement (sur la signification des accords subjectifs de couleurs), ce n’est pas seulement la couleur des cheveux, des yeux et de la peau qui est décisive. Le caractère le plus important est le rayonnement de l’individu. Autrement dit, son aura.(…) Aider un élève à trouver les formes et les couleurs qui correspondent à sa personnalité, cela signifie le révéler à lui-même.

Johannes Itten, L’art de la couleur, 1961

Meïr se souvient alors des cours de peinture de son enfance et commence à peindre ses amis et leurs visages revus par Sonia Delaunay et Zygmund Schreter, comme une forme « d’art-thérapie » de fortune.

 » Un juif ne doit jamais désespérer  » lui rappelle son maître le Rabbin Harboun

Didier Long, Francine Szapiro, 2021

Et contre toute attente ça marche !

Au bout de deux ans, aidé par une psychanalyse avec son ami Gérard Haddad (son premier tableau ) qui l’encourage et des conseils amicaux de son frère jumeau Olivier Long, peintre professionnel, (Arts déco et école des Beaux arts, maitre de conférence en Arts plastiques à la Sorbonne), qui va peindre pour lui et aider sa fille, en 40 portraits, Meïr retrouve le gout de l’existence.

Didier LONG, Gérard Haddad, mars 2021

La peintre américaine Georgia O’Keeffe (1887-1986) dit :

« La couleur est l’une des grandes choses de ce monde qui fait que la vie vaut pour moi la peine d’être vécue« 

Georgia O’Keeffe

EXPOSITION A LA GALERIE SAPHIR

L’exposition à la Galerie SAPHIR réunit 40 portraits des amis juifs (ou sympathisants) de Didier Meïr LONG